Ceux qui n'existaient plus, Tome 2, Pelaez et Mangin

Ceux qui n'existaient plus. Vol. 2. Voir Thèbes et mourir

Les fantômes de la mémoire, une danse macabre au bord du précipice

"Ceux qui n'existaient plus" n'est pas une simple série de science-fiction ou de thriller. C'est une exploration troublante des méandres de la mémoire, une réflexion sur l'identité, la manipulation et les traumatismes qui nous façonnent. Avec ce deuxième tome, Pelaez et Mangin nous plongent encore plus profondément dans les zones d'ombre du projet Anastasis, un programme gouvernemental russe aux conséquences dévastatrices.

Imaginez le froid glacial d'un laboratoire souterrain, le scintillement des écrans de contrôle, le silence pesant seulement interrompu par le tic-tac d'une machine. Imaginez la confusion dans l'esprit d'une personne dont les souvenirs sont manipulés, la peur de ne plus savoir qui elle est, le vertige face à l'abîme de l'oubli. Imaginez des vies brisées, des destins manipulés, des êtres humains transformés en cobayes. "Ceux qui n'existaient plus" est une atmosphère oppressante, une tension constante qui se niche au plus profond de nous, une angoisse sourde face à la perte de soi.

Le dessin de Mangin, avec son style réaliste et ses couleurs froides, renforce cette impression de malaise et de danger. Les visages sont expressifs, traduisant la confusion, la peur et la détermination des personnages. Les décors, souvent dépouillés et cliniques, accentuent le sentiment d'isolement et d'enfermement. On sent une influence des thrillers psychologiques et des films de science-fiction sombres dans cette manière de créer une atmosphère à la fois réaliste et angoissante.

Natacha, l'héroïne, n'est pas une figure héroïque au sens classique du terme. C'est une victime, une survivante qui tente de retrouver les fragments de sa mémoire et de comprendre ce qui lui est arrivé. Son parcours est une descente aux enfers, une confrontation avec des vérités douloureuses et des manipulations psychologiques. Dans ce deuxième tome, elle est confrontée aux conséquences du projet Anastasis, découvrant l'étendue des dégâts causés par cette expérience sur elle et sur les autres participants.

Ce qui résonne particulièrement dans "Ceux qui n'existaient plus", c'est la thématique de la manipulation de la mémoire et de ses conséquences sur l'identité. L'album soulève des questions profondes sur la nature de la réalité, sur la fiabilité de nos souvenirs et sur le pouvoir des institutions à contrôler les individus.

"Les fantômes de la mémoire" n'est pas une lecture facile. C'est une œuvre sombre et complexe qui nous confronte à nos propres peurs et à nos propres questionnements. Mais c'est aussi un récit captivant et poignant qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière page, nous laissant avec une angoisse persistante et une profonde réflexion sur la nature humaine.

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