La mère des palmiers, Nasim Marashi
En ouvrant La mère des palmiers , je suis entré dans un univers inconnu : celui de Nasim Marashi. J’y ai découvert une voix singulière, des lieux empreints de mémoire, des personnages marqués par l’histoire et une narration qui oscille entre passé et présent pour mieux en révéler les blessures. Le récit s’ouvre sur une fuite. Rassoud prend la route avec son fils, laissant derrière lui une ville qui semble peser sur ses épaules. Son corps trahit son mal-être : il est marqué, fatigué, usé. Mais plus que tout, c’est son angoisse qui prend toute la place, une peur sourde qui le hante et le pousse à des gestes compulsifs, à une surveillance constante. Quelque chose dans son comportement laisse deviner un passé traumatique, une menace qui ne s’efface jamais vraiment. Dès les premières pages, on comprend que le roman se déroule dans un Iran profondément marqué par la guerre. Même sans être familier de son histoire, les paysages défigurés et les villages désertés parlent d’eux-mêmes. Rassoud...